Le Moulin David est situé en plein cœur de Divonne, sur un canal de dérivation de la Divonne-Versoix qui prend sa source à Divonne au pied du Mont Mussy et se jette dans le Lac Léman à Versoix (Canton de Genève). Il a été construit 50 mètres en aval de quatre sources pérennes (Barbilaine, Emma, Vidart et Ausone) sur une déclivité qui permet une chute d’eau : un endroit idéal pour faire tourner une roue hydraulique.

Les Celtes y déposaient des ex-votos en offrande à Divona, la divinité des sources abondantes vénérée dans toute la Gaule.
Les Romains ont capté la source Emma au 1er siècle. Ils ont conduit son eau jusqu’à Noviodunum (Nyon), le centre urbain de la Colonia Julia Equestris, au moyen d’un aqueduc entièrement souterrain, long de 10 km. Un tronçon de l’aqueduc est visible avenue de l’aqueduc. Une reconstitution outdoor a été construite au bord du lac de Divonne.

Un document de l’historien Alain Mélo « Les forges de Divonne et de Mijoux entre 1350 et 1400 » mentionne en 1353 le moulin seigneurial de Divonne à l’emplacement de l’actuel Moulin David.
Puis les moulins se sont multipliés
Foulons, pressoirs, battoirs, scieries, papeteries, tourneries, forges, taillanderies, martinets, diamanteries tournaient à Divonne au 19e siècle. Le moulin a pris le nom de la famille David qui en était propriétaire. Il disposait de quatre roues à aubes : trois sur la rive droite du canal et une autre, rive gauche qui actionnait un foulon.

Premier établissement hydrothérapique fondé par le Dr Paul Vidart.

Edison dépose son brevet pour une ampoule électrique sous vide avec un filament durable de bambou japonais carbonisé.

L’industriel Eugène Goudard achète le moulin David et les parcelles rive gauche où il fait construire une diamanterie dont les meules sont actionnées par les roues du moulin.

Louis Dumont construit une usine hydroélectrique sur la Valserine, faisant de Bellegarde la première commune de France éclairée par des ampoules électriques.

À son ouverture, le nouvel établissement hydrothérapique est éclairé au gaz. En 1887, la canalisation d’amenée du gaz s’avère défectueuse. Eugène Goudard met à la disposition de la Société des Bains la force motrice du Moulin pendant une saison, à titre d’essai, pour faire tourner une machine dynamo — ce qui permet d’éclairer l’institut hydrothérapique et les hôtels thermaux au moyen de 250 lampes (18 bougies chacune).
Le 28 mai 1888, le Conseil d’Administration loue la force motrice du Moulin David. Le moulin devient une usine hydroélectrique produisant du courant continu 110V. La même année, la roue hydraulique est remplacée par deux turbines installées dans une « piscine ».
La Société des Bains achète le Moulin et son installation hydroélectrique.
La ville de Divonne installe une usine électrique municipale au Pont des Îles.

Installation d’un groupe convertisseur qui transforme l’énergie fournie par l’usine électrique municipale du Pont des Îles, courant continu 440V, en courant continu 110V.

Achat d’un moteur thermique d’appoint fabriqué à Winterthur.

Remplacement des deux turbines Fourneyron par deux turbines Francis fabriquées aux Ateliers des Charmilles à Genève. L’une d’elles est toujours en place, en état de fonctionnement. L’autre est exposée sur la Place de l’Office de Tourisme.
Arrivée du courant alternatif avec les Forces Motrices de Savoie qui seront nationalisées par EDF en 1946. L’usine continue à alimenter le réseau d’éclairage de secours du casino en courant continu jusqu’en 1992.
Arrêt de l’usine hydroélectrique du Moulin David.
La ville de Divonne achète le Moulin David et l’utilise comme débarras. Elle envisage de le détruire, y compris les machines.

Georges Leskens, ingénieur retraité du CERN, décide de sauver l’usine et de remettre les machines en état de fonctionnement. Il s’entoure d’ingénieurs, techniciens et mécaniciens retraités du CERN, avec le métallier divonnais Gérard Vindret. Des Divonnais et Gessiens se joignent à eux. La mairie de Divonne et les Services Industriels de Genève apportent leur soutien. Les bénévoles mettront douze ans pour remettre les machines en état de fonctionnement.
Création de l’association DivonnElectro.

Divonnelectro reçoit le Prix du Patrimoine Rhônalpin.
Acquisition de matériel pédagogique pour les séances scolaires d’initiation à l’électricité. Le moulin David est dorénavant un musée vivant en devenir.